La paire Krou/Ayé se confie

A quelques semaines du 1er tournoi du circuit de qualification vers Tokyo 2020, les beacheurs français Youssef Krou et Quincy Ayé nous livrent leurs impressions, et leurs objectifs pour ce tournoi qui aura lieu dans la ville où ils s'entraînent, devant leur public.

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Youssef : « Je m’appelle Youssef Krou, j’ai 29 ans. Ça fait 4 ans que je fais du beach volley en tant que professionnel pour l’équipe de France qui s’entraine sur Montpellier. Mes passions sont le beach volley, l’effort et j’adore voyager. »

Quincy : « Je m’appelle Quincy Ayé, j’ai 23 ans. Ça fait deux ans que je fais du beach volley. »

 

Quelles sont tes dernières performances en date ?

Youssef : « On sort des Championnats d’Europe avec Quincy (mon partenaire) où l’on a perdu en 8ème de finale contre les Hollandais qui ont gagné le championnat. Donc ce n’est pas trop mal, on a vraiment retrouvé notre jeu et on le retrouve au bon moment, on a encore quelques tournois avant les qualifications olympique. Maintenant il faut s’en servir ! »

Qunicy :« Avec Youssef on a fini 9ème au Championnat d’Europe, c’était notre premier Championnat d’Europe donc c’était une bonne performance. »

 

Quels sont tes objectifs pour la saison ?

Youssef : « Donc là il reste le 5 étoiles [FIVB World Tour 5*] de Vienne dont l’objectif sera de se qualifier et de faire une bonne 17ème place, ce serait intéressant, ça fera du volume de match. Ensuite, on a un World Tour à Moscou où faire 17 ou 9 est largement envisageable. Et pour finir, en fin août début septembre, on a le World Tour à Montpellier qui est 1 étoile et c’est la médaille comme l’année dernière, l’or si possible. »

Quincy : « À court terme ce sera de marquer le plus de points possible pour bien commencer les qualifications olympiques qui commencent en septembre avec le World Tour de Montpellier. »

 

Quels sont, selon toi, les enjeux de ce tournoi à Montpellier ?

Youssef : « C’est un tournoi à la maison donc c’est important de montrer à nos familles et à nos amis ce que l’on fait sur le terrain mais aussi aux français le beach volley, qui n’est pas très médiatisé mais auquel beaucoup de français jouent l’été. Mais montré aussi que c’est un sport professionnel et olympique qui nécessite beaucoup d’entrainement car il n’y a pas de raccourci. »

Quincy : « L’enjeu sera de faire une belle prestation à domicile pour nous mais aussi pour le public qui viendra nous voir et que les gens soient contents de venir. Et que l’on soit content de notre prestation avec une médaille au bout bien-sûr. »

 

À la différence du World Tour de 2017, vous allez partager la compétition avec les équipes féminines. Qu’en penses-tu ? 0

Youssef : « C’est une très bonne chose pour les équipes féminines, c’est génial d’avoir, en France, un tournoi international mixte. C’est une très bonne opportunité qu’il faut saisir. »

Quincy : « C’est bien que les filles puissent également jouer des World Tour en France ! »

 

Quels sont les atouts de ton partenaire selon toi ?

Youssef : « Quincy est très grand, il a de longs bras – non je rigole. C’est un gaucher déjà, il joue en deux et il a une capacité de progression et de réflexion qui est vraiment intéressante. Ce sont ses grosses qualités. Il peut mettre 10 blocs sur un set sans aucun soucis s’il le décide. »

Quincy : « C’est un grand compétiteur, il a un bon mental, il ne lâche rien. Et il a de bonnes compétences physiques ; il saute, il est agile. »

 

Qu’est-ce qui pour toi fait l’essence du beach volley ?

Youssef : « Les tripes, la hargne, la gagne, le beau jeu, les émotions, c’est un sport de haut niveau. »

Quincy : « C’est un sport individuel et collectif à la fois pour moi et aussi une aventure humaine donc pour moi l’essence c’est d’avoir un bon mental et de ne pas se poser de questions. »

 

Redoutes-tu certaines autres paires ?

Youssef : « Non. Si on joue notre jeu on peut vraiment embêter tout le monde… Aujourd’hui on n’a pas encore un niveau assez lisse et stable donc on est capable de se faire accrocher par n’importe quelle équipe qui est censée être ‘’un petit peu moins forte que nous’’. Il y a encore un gros travail de stabilisation à faire.»

Quincy : « Oui, les paires du top 15 et les tops paires mondiales sont redoutable. On est obligé de faire un super match pour pouvoir gagné. Il y a beaucoup de paires redoutables, après, on fait tout pour gagner et il ne faut pas avoir peur pour autant. »

 

Que dirais-tu pour donner envie de venir voir le World Tour de Montpellier ?

Youssef : « Le beach volley c’est fun, on s’entraîne au soleil lorsqu’on a de la chance, on plonge dans le sable… Il n’y a que deux personnes sur le terrain donc c’est assez spectaculaire, il y a de l’effort physique, il y a de l’émotion. Puis c’est vraiment un sport où l’on ne peut pas se cacher car il n’y a pas de remplaçant, c’est vraiment une arène. »

Quincy : « On va tout faire pour qu’ils passent un bon moment et donner un bon spectacle. Ils ne vont pas regretter d’être venus. »

 

Quels conseils donnerais-tu pour motiver ceux qui veulent commencer le beach volley ?

Youssef : « De venir au MBV ! Il y a des créneaux pour les débutants et puis il y a pleins de niveaux (débutant, débutant ++, intermédiaire, initié, etc.) donc il y a vraiment de quoi intégrer des groupes qui jouent de mieux en mieux, ce qui donne des perspectives de progression intéressantes. »

Quincy : « Mes conseils seraient de ne jamais lâcher même si c’est dur car c’est un sport vraiment exigeant que ce soit physiquement, mentalement ou techniquement et, qu’il y a beaucoup de moment de doute mais au final ça paie toujours car au bout ça vaut largement le coup comparé à toutes ces souffrances.»

 

Pour finir, une anecdote sur ton parcours de joueur ?

Youssef : « Je dirais, quand j’ai commencé le beach volley, on sort d’un match où on a la sensation d’avoir très bien joué et deux américains, dont un américain qui a 45 ans aujourd’hui (le beach volley est un sport où on arrive à maturation très tard (30-40ans)) et il m’a dit ‘’un bon joueur ce n’est pas celui qui tape le plus fort, c’est celui qui est le plus efficient’’. »

Quincy :« Bon ce n’est pas une anecdote très marante mais j’essaie d’en sourire maintenant. Aux États-Unis à Los Angeles j’ai tiré une ligne avec un tendeur d’élastique avec un piquet au bout et je me le suis pris dans l’œil donc j’ai eu une abrasion de la cornée et un mois d’absence pour ça. »